Consigne : Quelques histoires à la manière de Max Aub dans Crimes exemplaires.
Je n’aime pas les noires. Les olives dans la pizza. Dans le four ça ne cuit pas bien, la peau se ratatine, et bien les pizzaiolos c’est pareil.
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Elle avait mis du sel dans mes frites, mais pas dans les siennes. Alors c’est elle que j’ai mangée.
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Dans le RER ce matin le conducteur a laissé son micro ouvert. Nous avons beaucoup ri. Il discutait avec le régulateur de trafic et nous l’avons entendu dire « J’ai un train rempli à ras bord qui n’a pas bougé depuis 10 min. Il y a des gens qui vont s’énerver et il y en a encore qui vont venir m’insulter, qui vont m’accuser d’être un mauvais conducteur ou je ne sais quoi ! Alors Stéphane t’as intérêt à me débloquer la situation rapidement. Hey ! Tu m’entends Stéphane Bukovski ou bien tu fais exprès ? Dommage que je ne puisse pas me couper en deux. Je te montrerai moi, comment on fait ! » Bref, j’ai filer un coup de main à Stéphane.
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Il est résistant mon IPhone, water resistant, blood resistant même, Hein, qu’est-ce que tu en penses le vendeur qui ne dit pas bonjour ?
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Il est mort le soleil ??? C’est une question de point de vue Monsieur météo. Pour toi en tous les cas, c’est sûr il fait noir maintenant.
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Tout un plat
Développement de l’histoire numéro deux précédente.
Je suis un peu maniaque mais j’accepte les erreurs messieurs les jurés. J’accepte les fautes de goût, j’accepte même la fainéantise des commis de cuisines qui ne passent pas un coup de torchon sur la tranche de l’assiette avant de l’envoyer en salle. Je suis un homme bon, comprenez-vous. Je forme des jeunes toutes la journée, je leur explique calmement comment incorporer de la meilleure façon les éléments, comment cuir à feu doux, comment reconnaitre au nez et à l’œil la moindre sauce trop poivrée, le coulis trop sucré ou le bouillon trop passé. Je suis là pour les soutenir, pour les encourager, pour les inciter à faire toujours mieux. Quelques fois, oui ça m’arrive, j’en reprends un qui n’a pas écouté avec une petite tape sur la nuque, un coup de pied aux fesses parfois ou bien, mais ça c’est vraiment quand ils le méritent, le plat de la poêle sur la tête. Mais je n’ai jamais brûlé personne avec un plat qui sort du four, piqué un bras tendu avec une fourche à rôti ou tranché un doigt avec un couteau à pain. Si les p’tits gars de ma batterie sont blessés, je n’y suis pour rien. Vous pouvez leur demander, ils sont venus me soutenir dans le public. Allez-y ! Demandez-leur ! Jamais personne ne s’est plaint de problème de discipline, de règles trop strictes ou de représailles injustifiées. N’est-ce pas que vous êtes heureux avec moi ? Regardez-les, ils ont le travail dans la peau. La passion du métier je leur ai inoculée ; cette application à la tâche, la recherche permanente de l’accord parfait, du geste impeccable. Ces gosses, depuis qu’ils sont chez moi, ils ne pensent qu’à ça. Toujours à guetter la moindre de mes réactions, à espérer un compliment ou une preuve de reconnaissance. C’est pas beau ce qui-vive permanent, cette attente de la parole bénite, la soumission du novice devant l’expert ? La reconnaissance c’est quand même une preuve ça non ?
Ce que je refuse c’est la répétition. C’est pour ça que je dis que je suis un peu maniaque. Je n’aime pas répéter. Et puis on n’a pas tous les mêmes goûts ! Bérénice n’avait pas cette servilité qui fait les bons apprentis. Vous savez j’ai essayé. Mais elle ne voulait pas obéir. C’était une cabocharde, une mule, une souillon ! Ça faisait déjà deux jours qu’elle était affectée à la préparation de mon déjeuner. On fait ça : les nouveaux préparent mon repas. C’est comme un examen de passage. Ils rechignent un peu au début mais très vite ils comprennent tout ce que ça leur apporte. Et je les laisse même manger avec moi pour qu’ils vivent l’instant magique où je déguste leur création. Et puis ils apprennent à tenir compte des goûts des clients. Moi je n’aime pas le sel. Ça tout le monde le sait. Même Bérénice le savait. Si, si je sais qu’elle le savait. Je lui avais dit. La veille. Alors, voilà, puisqu’elle avait mangé les frites qui m’étaient destinées, bah j’ai mangé Bérénice. C’est logique non ? Je crois que ses camarades l’ont très bien compris. Et bah, dites-le vous, que c’est pour l’exemple que j’ai fait ça. Allez-y… Excusez-les, ils n’osent pas.