Menu
Menu

Vivre pour le meilleur

Texte écrit lors de mon atelier d’écriture.

Consigne : Faire fondre un cachet d’aspirine dans un verre, écouter, écrire.

Je viens de pénétrer dans un corps chaud. Je crois que je suis passé dans l’autre monde. Oui, c’est ça, je suis dans les voies impénétrable de notre créateur. Je ne suis plus. Je ne suis plus qu’une particule dans un éther et je déambule sans but dans un paradis chaud et humide. Laissez-moi vous raconter. Je suis sorti de mon enveloppe sans vie, sans bruit, sans même vouloir. Quelqu’un est venu m’extraire de mon habitat protégé de toute invasion et de tout microbe pour me plonger immédiatement dans un bain d’eau froide. Si bien que je me suis mis à crier. On s’est tous mis à hurler. Mais je crois qu’on ne nous entendait pas. Alors on a décidé de s’unir. Et plutôt que de fredonner aux oreilles du vent, au lieu d’imiter les vagues de blés puis les vagues d’écume qui avancent et reculent sans ne jamais rien décider, nous nous sommes tous unis. Nous avons fait un effort considérable pour remonter à la surface de ce corps transparent. En remontant la chaleur est venue. Certains n’ont pas pu. Je les ai vus, collés au fond, agrippés par la paroi, ou bien même disparaitre à quelques centimètres du but. Mais je n’ai rien pu faire. Sacrifier l’unité pour sauver le nombre. Enfin nous sommes arrivés. Nous avions survécu à cette épreuve et déjà une nouvelle s’annonçait. Chacun se rapprochait de son voisin, nous nous agglutinions les uns aux autres, nous avions besoin de nager, de surnager, c’est-à-dire de nous battre pour tenter de vivre, enfin… survivre. Certains ramaient, d’autre replongeaient pour réapparaitre plus loin, j’en ai vu s’accoupler pour prolonger leur existence ou reculer l’échéance fatale. Nous nous battions tant et si bien pour profiter de chaque instant de cette misérable vie que nous nous éliminions. Sacrifier l’unité pour sauver l’unité. C’était sans issue. Sauve qui peut ! Je refuse cette condition ! Je ne crois pas à la vie dans l’au-delà, je veux rester ici, je veux rester ici, je veux rester… et puis mon tour est venu. J’ai vu la surface irrégulière et trouble de notre monde s’éloigner petit à petit. Au début j’ai cru à un rêve ou un cauchemar, mais non, je vivais, mais je n’avais plus d’existence. J’étais là mais je disparaissais, j’avais disparu. Je suis allé plus haut que les parois qui nous agrippaient, j’ai volé. Oui, j’ai volé, moi qui n’avais jamais fait que surnager. Alors j’ai senti qu’un courant m’emmenait inéluctablement vers mon créateur. Je l’ai aperçu au loin, j’ai cru que l’on me poussait vers lui mais non, c’est lui qui m’aspirait, certains prétendaient même qu’il nous inspirait. C’est d’ailleurs après une de ses inspirations puissantes que je suis entré en lui. C’est dans son corps que je me trouve maintenant. Je vais bientôt pénétrer dans une lave rouge carmin et là un nouveau destin va s’ouvrir à moi. A quoi aura servi mon existence ? Quand le saurais-je et comment ?