
                                                                                   {"id":1600,"date":"2019-01-29T23:30:27","date_gmt":"2019-01-29T22:30:27","guid":{"rendered":"https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/?p=1600?screen=Textes"},"modified":"2019-01-29T23:31:00","modified_gmt":"2019-01-29T22:31:00","slug":"discours","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/2019\/01\/29\/discours\/?screen=Textes","title":{"rendered":"Discours"},"content":{"rendered":"<h3><img loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-1601 alignleft\" src=\"https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/discours.jpg\" alt=\"\" width=\"186\" height=\"186\" srcset=\"https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/discours.jpg 186w, https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/discours-150x150.jpg 150w\" sizes=\"(max-width: 186px) 100vw, 186px\" \/><\/h3>\n<h3>Texte \u00e9crit lors de mon atelier d&rsquo;\u00e9criture.<\/h3>\n<p><em>Consigne : Utiliser les mots <strong>pierreries<\/strong>, <strong>odeur<\/strong>, <strong>lisi\u00e8res<\/strong>, <strong>belle amie<\/strong>, <strong>oraisons<\/strong>, <strong>hymnes<\/strong>, <strong>passion<\/strong>, <strong>ciel du dedans<\/strong>.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>\u00c7a commence par un mot, pas un son, pas un cri ni une parole fournie, non, \u00e7a commence par un simple mot. Dans un discours, je retiens ce terme qui est la cible de l\u2019orateur, le mille qui rapporte tout \u00e0 lui, le centre des propos, leur c\u0153ur en quelque sorte, le soleil du ciel du dedans. Je prends cette lave qui unit les expressions de l\u2019orateur et forme \u00e0 lui tout seul les pierreries de son propos et la plante dans mon cerveau comme un diamant dans un \u00e9crin. Et je n\u2019y touche plus. Je le laisse \u00e0 la lisi\u00e8re de mon imagination pousser comme un lierre \u00e0 la croissance irr\u00e9vocable s\u2019emparer de mon esprit. La graine s\u2019abreuve de ma vie&nbsp;: elle parcourt la cire de ma m\u00e9moire marqu\u00e9e de mes souffrances, de mes jouissances, en un mot de mes \u00e9motions. Comme une belle amie, bienveillante mais sans concession, elle absorbe le corps blanc de mon pass\u00e9, rampe sur mon existence f\u00e9conde, d\u00e9ploie ses racines profondes, donne lentement naissance \u00e0 tant de ramification couvertes de bourgeons qui, plus tard, j\u2019en suis s\u00fbr \u00e9clateront en multiples frondaisons. Vous croyez peut-\u00eatre apr\u00e8s ces belles paroles que mon \u00e9criture est comme un printemps dont l\u2019oraison pr\u00e9dit une fin heureuse&nbsp;? Il n\u2019en est rien. Nul ne saurait connaitre par avance l\u2019odeur de ce qui sortira de cette inspiration-l\u00e0. D\u00e9fendrais-je la veuve ou l\u2019\u00e9gorgeur, l\u2019orphelin ou le despote, l\u2019esclave ou le maitre&nbsp;? \u00c9crirais-je un hymne \u00e0 l\u2019amour ou une rengaine partisane, une incitation au meurtre ou un chant d\u2019espoir&nbsp;? Peu m\u2019importe. Je suis un mercenaire du verbe, un maniaque de la rh\u00e9torique, un po\u00e8te ali\u00e9n\u00e9. Les id\u00e9es sont sans importance, ce que je veux c\u2019est faire briller vos yeux devant mes pages noircies, soulever vos c\u0153urs de mes rimes l\u00e9onines et faire transpirer vos m\u00e9ninges sur mes obscures intrigues. Tout commence par un mot. Aujourd\u2019hui c\u2019\u00e9tait lumi\u00e8re. Je vous le souhaite \u00e0 tous pour l\u2019an prochain&nbsp;: que la lumi\u00e8re soit&nbsp;!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte \u00e9crit lors de mon atelier d&#039;\u00e9criture.<br \/>\nConsigne : Utiliser les mots pierreries, odeur, lisi\u00e8res, belle amie, oraisons, hymnes, passion, ciel du dedans.<\/p>\n<p>\u00c7a commence par un mot, pas un son, pas un cri ni une parole fournie, non, \u00e7a commence par un simple mot. Dans un discours, je retiens ce terme qui est la cible de l\u2019orateur, le mille qui rapporte tout \u00e0 lui, le centre des propos, leur c\u0153ur en quelque sorte, le soleil du ciel du dedans. 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