
                                                                                   {"id":1635,"date":"2019-01-30T23:12:12","date_gmt":"2019-01-30T22:12:12","guid":{"rendered":"https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/?p=1635?screen=Textes"},"modified":"2019-01-30T23:12:12","modified_gmt":"2019-01-30T22:12:12","slug":"le-plancher-des-vaches","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/2019\/01\/30\/le-plancher-des-vaches\/?screen=Textes","title":{"rendered":"La plancher des vaches"},"content":{"rendered":"<h3>Texte \u00e9crit lors de mon atelier d&rsquo;\u00e9criture.<\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-1636 alignleft\" src=\"https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/plancherdesvaches-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"173\" height=\"173\" srcset=\"https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/plancherdesvaches-300x300.jpg 300w, https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/plancherdesvaches-150x150.jpg 150w, https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/plancherdesvaches.jpg 379w\" sizes=\"(max-width: 173px) 100vw, 173px\" \/><\/p>\n<p><em>Consigne : Ecrire un cauchemar<\/em><em>.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>Je me suis r\u00e9veill\u00e9e dehors. Il faisait froid. Il n\u2019y avait pas de soleil, mais il ne faisait pas nuit. Ce qui rendait l\u2019endroit surprenant d\u2019abord puis tr\u00e8s vite pesant, angoissant, \u00e9touffant c\u2019\u00e9tait les murs qui m\u2019entouraient. Trois m\u00e8tres de murs d\u2019enceinte qui me surplombait et un rectangle de lumi\u00e8re en haut, \u00e9blouissant. Finalement une tombe, m\u00eame vue d\u2019en bas, \u00e7a produit toujours le m\u00eame effet. \u00c7a fait peur. Parce qu\u2019il va falloir apprendre \u00e0 vivre avec. D\u2019en haut, c\u2019est la certitude d\u2019affronter la compassion des autres, puis celle de vivre seule, enfin le vertige \u00e0 l\u2019id\u00e9e de s\u2019y allonger un jour pour longtemps. Et bien, d\u2019en bas c\u2019est pareil. Quand on est mort on a la certitude d\u2019h\u00e9riter (le verbe est appropri\u00e9 vous en conviendrez) de voisins mortellement ennuyeux, la crainte de vivre seule pour un bon moment et la peur des nouveaux venus qui vous assommeront avec l\u2019histoire de leur mort et, pire encore, celle de leur vie. Je suis arriv\u00e9e l\u00e0 apr\u00e8s 10 ans d\u2019Alzheimer (\u00e7a je m\u2019en souviens). Au moins, je ne vais pas perturber le sommeil de mes colocataires avec mes souvenirs. Je ne sais m\u00eame pas \u00e0 quoi j\u2019ai succomb\u00e9. Enfin, bref, je me suis quand m\u00eame r\u00e9veill\u00e9e dehors. Je n\u2019\u00e9tais m\u00eame pas dans un cercueil. Juste couch\u00e9e dans un grand sac, en plein jour, dans un trou qu\u2019on avait creus\u00e9 la veille. C\u2019est vraiment laid et mis\u00e9rable comme fin\u00a0la fosse commune. Sans aucune comparaison avec un beau cercueil en ch\u00eane, verni et brillant dans lequel on m\u2019aurait pos\u00e9e sur de la soie molletonn\u00e9e, dans un beau tailleur en laine\u2026 L\u00e0, apr\u00e8s m\u2019avoir bri\u00e8vement lav\u00e9e, habill\u00e9e on a d\u00fb me jeter directement dans ce trou b\u00e9ant. Et la terre, quand allait-on me recouvrir de cette bonne terre fertile des cimeti\u00e8res\u00a0? Quand allais-je recevoir la pluie filtr\u00e9e par cette couverture nourrici\u00e8re, quand verrais-je s\u2019approcher de moi les racines des g\u00e9raniums d\u2019Ernest le gardien, et les gros verres qui porteraient mon corps au quatre coin de ce terrain g\u00e9om\u00e9trique\u00a0? Enfin, quoi\u00a0? Je m\u2019\u00e9tais r\u00e9veill\u00e9e dehors quand m\u00eame\u00a0? Vous vous rendez-compte, DEHORS, DEHORS, DEH\u2026<\/p>\n<p>Mme Tuvache, Mme Tuvache, Mme Clotilde Tuvache\u00a0?<\/p>\n<p>Ho, bon sang, encore ce cauchemar. J\u2019ai encore fait ce cauchemar de la cr\u00e9ature morte, vivante qui dormait\u00a0!!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte \u00e9crit lors de mon atelier d&#039;\u00e9criture.<\/p>\n<p>Consigne : Ecrire un cauchemar.<\/p>\n<p>Je me suis r\u00e9veill\u00e9e dehors. Il faisait froid. Il n\u2019y avait pas de soleil, mais il ne faisait pas nuit. Ce qui rendait l\u2019endroit surprenant d\u2019abord puis tr\u00e8s vite pesant, angoissant, \u00e9touffant c\u2019\u00e9tait les murs qui m\u2019entouraient. Trois m\u00e8tres de murs d\u2019enceinte qui me surplombait et un rectangle de lumi\u00e8re en haut, \u00e9blouissant. Finalement une tombe, m\u00eame vue d\u2019en bas, \u00e7a produit toujours le m\u00eame effet. \u00c7a fait peur. Parce qu\u2019il va falloir apprendre \u00e0 vivre avec. 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