
                                                                                   {"id":1697,"date":"2019-02-02T17:14:08","date_gmt":"2019-02-02T16:14:08","guid":{"rendered":"https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/?p=1697?screen=Textes"},"modified":"2019-02-02T17:14:38","modified_gmt":"2019-02-02T16:14:38","slug":"vivre-pour-le-meilleur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/2019\/02\/02\/vivre-pour-le-meilleur\/?screen=Textes","title":{"rendered":"Vivre pour le meilleur"},"content":{"rendered":"<h3>Texte \u00e9crit lors de mon atelier d&rsquo;\u00e9criture.<\/h3>\n<p><em><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-1698 alignleft\" src=\"https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/pour-le-meilleur.jpg\" alt=\"\" width=\"131\" height=\"131\" srcset=\"https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/pour-le-meilleur.jpg 233w, https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/pour-le-meilleur-150x150.jpg 150w\" sizes=\"(max-width: 131px) 100vw, 131px\" \/>Consigne : Faire fondre un cachet d&rsquo;aspirine dans un verre, \u00e9couter, \u00e9crire.<\/em><\/p>\n<p>Je viens de p\u00e9n\u00e9trer dans un corps chaud. Je crois que je suis pass\u00e9 dans l\u2019autre monde. Oui, c\u2019est \u00e7a, je suis dans les voies imp\u00e9n\u00e9trable de notre cr\u00e9ateur. Je ne suis plus. Je ne suis plus qu\u2019une particule dans un \u00e9ther et je d\u00e9ambule sans but dans un paradis chaud et humide. Laissez-moi vous raconter. Je suis sorti de mon enveloppe sans vie, sans bruit, sans m\u00eame vouloir. Quelqu\u2019un est venu m\u2019extraire de mon habitat prot\u00e9g\u00e9 de toute invasion et de tout microbe pour me plonger imm\u00e9diatement dans un bain d\u2019eau froide. Si bien que je me suis mis \u00e0 crier. On s\u2019est tous mis \u00e0 hurler. Mais je crois qu\u2019on ne nous entendait pas. Alors on a d\u00e9cid\u00e9 de s\u2019unir. Et plut\u00f4t que de fredonner aux oreilles du vent, au lieu d\u2019imiter les vagues de bl\u00e9s puis les vagues d\u2019\u00e9cume qui avancent et reculent sans ne jamais rien d\u00e9cider, nous nous sommes tous unis. Nous avons fait un effort consid\u00e9rable pour remonter \u00e0 la surface de ce corps transparent. En remontant la chaleur est venue. Certains n\u2019ont pas pu. Je les ai vus, coll\u00e9s au fond, agripp\u00e9s par la paroi, ou bien m\u00eame disparaitre \u00e0 quelques centim\u00e8tres du but. Mais je n\u2019ai rien pu faire. Sacrifier l\u2019unit\u00e9 pour sauver le nombre. Enfin nous sommes arriv\u00e9s. Nous avions surv\u00e9cu \u00e0 cette \u00e9preuve et d\u00e9j\u00e0 une nouvelle s\u2019annon\u00e7ait. Chacun se rapprochait de son voisin, nous nous agglutinions les uns aux autres, nous avions besoin de nager, de surnager, c\u2019est-\u00e0-dire de nous battre pour tenter de vivre, enfin\u2026 survivre. Certains ramaient, d\u2019autre replongeaient pour r\u00e9apparaitre plus loin, j\u2019en ai vu s\u2019accoupler pour prolonger leur existence ou reculer l\u2019\u00e9ch\u00e9ance fatale. Nous nous battions tant et si bien pour profiter de chaque instant de cette mis\u00e9rable vie que nous nous \u00e9liminions. Sacrifier l\u2019unit\u00e9 pour sauver l\u2019unit\u00e9. C\u2019\u00e9tait sans issue. Sauve qui peut\u00a0! Je refuse cette condition\u00a0! Je ne crois pas \u00e0 la vie dans l\u2019au-del\u00e0, je veux rester ici, je veux rester ici, je veux rester\u2026 et puis mon tour est venu. J\u2019ai vu la surface irr\u00e9guli\u00e8re et trouble de notre monde s\u2019\u00e9loigner petit \u00e0 petit. Au d\u00e9but j\u2019ai cru \u00e0 un r\u00eave ou un cauchemar, mais non, je vivais, mais je n\u2019avais plus d\u2019existence. J\u2019\u00e9tais l\u00e0 mais je disparaissais, j\u2019avais disparu. Je suis all\u00e9 plus haut que les parois qui nous agrippaient, j\u2019ai vol\u00e9. Oui, j\u2019ai vol\u00e9, moi qui n\u2019avais jamais fait que surnager. Alors j\u2019ai senti qu\u2019un courant m\u2019emmenait in\u00e9luctablement vers mon cr\u00e9ateur. Je l\u2019ai aper\u00e7u au loin, j\u2019ai cru que l\u2019on me poussait vers lui mais non, c\u2019est lui qui m\u2019aspirait, certains pr\u00e9tendaient m\u00eame qu\u2019il nous inspirait. C\u2019est d\u2019ailleurs apr\u00e8s une de ses inspirations puissantes que je suis entr\u00e9 en lui. C\u2019est dans son corps que je me trouve maintenant. Je vais bient\u00f4t p\u00e9n\u00e9trer dans une lave rouge carmin et l\u00e0 un nouveau destin va s\u2019ouvrir \u00e0 moi. A quoi aura servi mon existence\u00a0? Quand le saurais-je\u00a0et comment\u00a0?<\/p>\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte \u00e9crit lors de mon atelier d&#039;\u00e9criture.<br \/>\nConsigne : Faire fondre un cachet d&#039;aspirine dans un verre, \u00e9couter, \u00e9crire.<br \/>\nJe viens de p\u00e9n\u00e9trer dans un corps chaud. Je crois que je suis pass\u00e9 dans l\u2019autre monde. Oui, c\u2019est \u00e7a, je suis dans les voies imp\u00e9n\u00e9trable de notre cr\u00e9ateur. 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Je les ai vus, coll\u00e9s au fond, agripp\u00e9s par la paroi, ou bien m\u00eame disparaitre \u00e0 quelques centim\u00e8tres du but. Mais je n\u2019ai rien pu faire. Sacrifier l\u2019unit\u00e9 pour sauver le nombre. Enfin nous sommes arriv\u00e9s. Nous avions surv\u00e9cu \u00e0 cette \u00e9preuve et d\u00e9j\u00e0 une nouvelle s\u2019annon\u00e7ait. Chacun se rapprochait de son voisin, nous nous agglutinions les uns aux autres, nous avions besoin de nager, de surnager, c\u2019est-\u00e0-dire de nous battre pour tenter de vivre, enfin\u2026 survivre. Certains ramaient, d\u2019autre replongeaient pour r\u00e9apparaitre plus loin, j\u2019en ai vu s\u2019accoupler pour prolonger leur existence ou reculer l\u2019\u00e9ch\u00e9ance fatale. Nous nous battions tant et si bien pour profiter de chaque instant de cette mis\u00e9rable vie que nous nous \u00e9liminions. Sacrifier l\u2019unit\u00e9 pour sauver l\u2019unit\u00e9. C\u2019\u00e9tait sans issue. Sauve qui peut\u00a0! Je refuse cette condition\u00a0! Je ne crois pas \u00e0 la vie dans l\u2019au-del\u00e0, je veux rester ici, je veux rester ici, je veux rester\u2026 et puis mon tour est venu. J\u2019ai vu la surface irr\u00e9guli\u00e8re et trouble de notre monde s\u2019\u00e9loigner petit \u00e0 petit. Au d\u00e9but j\u2019ai cru \u00e0 un r\u00eave ou un cauchemar, mais non, je vivais, mais je n\u2019avais plus d\u2019existence. J\u2019\u00e9tais l\u00e0 mais je disparaissais, j\u2019avais disparu. Je suis all\u00e9 plus haut que les parois qui nous agrippaient, j\u2019ai vol\u00e9. Oui, j\u2019ai vol\u00e9, moi qui n\u2019avais jamais fait que surnager. Alors j\u2019ai senti qu\u2019un courant m\u2019emmenait in\u00e9luctablement vers mon cr\u00e9ateur. Je l\u2019ai aper\u00e7u au loin, j\u2019ai cru que l\u2019on me poussait vers lui mais non, c\u2019est lui qui m\u2019aspirait, certains pr\u00e9tendaient m\u00eame qu\u2019il nous inspirait. C\u2019est d\u2019ailleurs apr\u00e8s une de ses inspirations puissantes que je suis entr\u00e9 en lui. C\u2019est dans son corps que je me trouve maintenant. Je vais bient\u00f4t p\u00e9n\u00e9trer dans une lave rouge carmin et l\u00e0 un nouveau destin va s\u2019ouvrir \u00e0 moi. A quoi aura servi mon existence\u00a0? 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