
                                                                                   {"id":1986,"date":"2020-01-26T13:22:28","date_gmt":"2020-01-26T12:22:28","guid":{"rendered":"https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/?p=1986?screen=Textes"},"modified":"2020-01-26T13:22:29","modified_gmt":"2020-01-26T12:22:29","slug":"mise-a-jour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/2020\/01\/26\/mise-a-jour\/?screen=Textes","title":{"rendered":"Mise \u00e0 jour"},"content":{"rendered":"<h3>Texte \u00e9crit lors de mon atelier d&rsquo;\u00e9criture.<\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-1987 alignleft\" src=\"https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/tondeuse.png\" alt=\"\" width=\"188\" height=\"188\" srcset=\"https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/tondeuse.png 188w, https:\/\/jmboucher.fr\/accueil\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/tondeuse-150x150.png 150w\" sizes=\"(max-width: 188px) 100vw, 188px\" \/><em>Consigne : Un appartement que l\u2019on connait o\u00f9 une sc\u00e8ne se reproduit quotidiennement, un \u00e9v\u00e8nement inhabituel se produit.<\/em><\/p>\n<p>Tous les soirs apr\u00e8s le d\u00eener que je prends sur le pouce, je m\u2019installe devant mon ordinateur et j\u2019\u00e9cris. Je remplis des \u00e9crans et des \u00e9crans d\u2019histoires sans queue ni t\u00eate. J\u2019ai l\u2019impression de me vider. Et \u00e7a me fait du bien. Je suis tr\u00e8s concentr\u00e9. Comme ces cruciverbistes qui lisent une devinette, posent le crayon sur la bouche et noircissent dans l\u2019instant, sans broncher, un mot de 12 lettres. Je suis comme \u00e7a. Et puis de temps en temps, je sors de mes pages. J\u2019arr\u00eate. Je coupe le flux d\u2019id\u00e9es qui se verse sur mon clavier et je m\u2019\u00e9loigne du bureau. C\u2019est assez facile car ma chaise est devant une fen\u00eatre. Je jette litt\u00e9ralement mon regard sur la vie du dehors. C\u2019est aussi m\u00e9canique que la vie du voisinage. C\u2019est un sc\u00e9nario implacable: \u00e0 20h30, dans la maison de droite, la lumi\u00e8re automatique s\u2019allume sur le parking. Une grosse voiture bleue se range impeccablement sur son emplacement, le conducteur attend la fin des informations que lui diffuse son autoradio, il sort, ferme les portes \u00e0 distance et p\u00e9n\u00e8tre dans son pavillon en tous points semblable au mien. Un chien aboie pour lui souhaiter la bienvenue, ses enfants suivent, sa femme l\u2019embrasse et ils vont se mettre \u00e0 table. \u00c7a doit \u00eatre une famille heureuse. Leur jardin est bien tondu, les arbustes bien taill\u00e9s, ils ont, j\u2019en suis certain, une bonne situation comme on dit et profitent pleinement de tous leurs cong\u00e9s pay\u00e9s.<\/p>\n<p>A gauche c\u2019est tr\u00e8s diff\u00e9rent. C\u2019est un jeune couple. Eux, ils sont endett\u00e9s. Leur pavillon est deux fois plus petit, mais \u00e0 mon avis ils en ont pour 25ans de cr\u00e9dit. Et ils n\u2019ont pas de chien. Par contre un petit gar\u00e7on habite dans la chambre du premier. Il a l\u2019\u00e2ge d\u2019aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire. L\u2019\u00e9t\u00e9 dernier je l\u2019ai vu courir dans le jardin. Il faisait sec. L\u2019herbe \u00e9tait jaune et mal tondue. Le gamin courait en slip de bain et j\u2019ai entendu des bruits d\u2019eau. Je suis s\u00fbr qu\u2019ils ont achet\u00e9 une piscine. Une de ces piscines gonflables qui ne font qu\u2019un \u00e9t\u00e9. Elles finissent invariablement crev\u00e9es, quelques fois affubl\u00e9es d\u2019une ou deux rustines selon le courage des parents, l\u2019insistance de l\u2019enfant face au drame d\u2019un boudin mort et \u00e0 la persistance cruelle du soleil du mois d\u2019ao\u00fbt. Je ne suis pas s\u00fbr que cette famille tienne la distance. A tous les coups le p\u00e8re va sauter sur une coll\u00e8gue de bureau ou une brune \u00e0 jupe courte dans le bus et ils se feront surprendre dans la douche un apr\u00e8s-midi o\u00f9 la femme rentrera trop t\u00f4t. Ca sera un peu compliqu\u00e9 au d\u00e9but et puis \u00e7a leur passera. Ils sont trop \u00e0 l\u2019\u00e9troit dans ce pavillon de banlieue. Il n\u2019y a pas de saison avec davantage d\u2019activit\u00e9. En hivers il faut balayer la neige apr\u00e8s les feuilles d\u2019automne et au printemps commence la danse r\u00e9p\u00e9t\u00e9e des tondeuses et des tailles haies avant que ne fleurissent les fum\u00e9es odorantes des saucisses aux barbecues de juin. J\u2019aurais \u00e9crit, avant-hier encore, que jamais rien ne surprend le curieux que je suis. Et pourtant ! C\u2019\u00e9tait hier soir. Non, plus exactement ce matin. Enfin dans l\u2019entre-deux: \u00e0 1h du matin exactement. Je peux en attester parce que quand quelque chose d\u2019\u00e9trange se produit je consulte toujours la pendule sur mon bureau. J\u2019ai comme l\u2019impression que je pourrai t\u00e9moigner si un inspecteur de police frappe \u00e0 ma porte et me pose des questions. Mais l\u00e0, je ne vous parle pas d\u2019un meurtre, non, juste d\u2019un crime!! Un crime de voisinage. Le propri\u00e9taire de la maison d\u2019en face, une lampe sur le front, s\u2019est mis \u00e0 tondre sa pelouse. J\u2019ai cru avoir une hallucination!! Il est bien mentionn\u00e9 les heures du jour auxquelles on peut tondre. Mais erreur fatale: rien n\u2019indique \u00e0 quelles heures de la nuit on peut faire hurler le deux-temps de sa tondeuse thermique.<\/p>\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte \u00e9crit lors de mon atelier d&#039;\u00e9criture.<br \/>\nConsigne : Un appartement que l\u2019on connait o\u00f9 une sc\u00e8ne se reproduit quotidiennement, un \u00e9v\u00e8nement inhabituel se produit.<br \/>\nTous les soirs apr\u00e8s le d\u00eener que je prends sur le pouce, je m\u2019installe devant mon ordinateur et j\u2019\u00e9cris. Je remplis des \u00e9crans et des \u00e9crans d\u2019histoires sans queue ni t\u00eate. J\u2019ai l\u2019impression de me vider. Et \u00e7a me fait du bien. Je suis tr\u00e8s concentr\u00e9. Comme ces cruciverbistes qui lisent une devinette, posent le crayon sur la bouche et noircissent dans l\u2019instant, sans broncher, un mot de 12 lettres. Je suis comme \u00e7a. Et puis de temps en temps, je sors de mes pages. J\u2019arr\u00eate. Je coupe le flux d\u2019id\u00e9es qui se verse sur mon clavier et je m\u2019\u00e9loigne du bureau. C\u2019est assez facile car ma chaise est devant une fen\u00eatre. Je jette litt\u00e9ralement mon regard sur la vie du dehors. C\u2019est aussi m\u00e9canique que la vie du voisinage. C\u2019est un sc\u00e9nario implacable: \u00e0 20h30, dans la maison de droite, la lumi\u00e8re automatique s\u2019allume sur le parking. Une grosse voiture bleue se range impeccablement sur son emplacement, le conducteur attend la fin des informations que lui diffuse son autoradio, il sort, ferme les portes \u00e0 distance et p\u00e9n\u00e8tre dans son pavillon en tous points semblable au mien. Un chien aboie pour lui souhaiter la bienvenue, ses enfants suivent, sa femme l\u2019embrasse et ils vont se mettre \u00e0 table. \u00c7a doit \u00eatre une famille heureuse. Leur jardin est bien tondu, les arbustes bien taill\u00e9s, ils ont, j\u2019en suis certain, une bonne situation comme on dit et profitent pleinement de tous leurs cong\u00e9s pay\u00e9s.<br \/>\nA gauche c\u2019est tr\u00e8s diff\u00e9rent. C\u2019est un jeune couple. Eux, ils sont endett\u00e9s. Leur pavillon est deux fois plus petit, mais \u00e0 mon avis ils en ont pour 25ans de cr\u00e9dit. Et ils n\u2019ont pas de chien. Par contre un petit gar\u00e7on habite dans la chambre du premier. Il a l\u2019\u00e2ge d\u2019aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire. L\u2019\u00e9t\u00e9 dernier je l\u2019ai vu courir dans le jardin. Il faisait sec. L\u2019herbe \u00e9tait jaune et mal tondue. Le gamin courait en slip de bain et j\u2019ai entendu des bruits d\u2019eau. Je suis s\u00fbr qu\u2019ils ont achet\u00e9 une piscine. Une de ces piscines gonflables qui ne font qu\u2019un \u00e9t\u00e9. Elles finissent invariablement crev\u00e9es, quelques fois affubl\u00e9es d\u2019une ou deux rustines selon le courage des parents, l\u2019insistance de l\u2019enfant face au drame d\u2019un boudin mort et \u00e0 la persistance cruelle du soleil du mois d\u2019ao\u00fbt. Je ne suis pas s\u00fbr que cette famille tienne la distance. A tous les coups le p\u00e8re va sauter sur une coll\u00e8gue de bureau ou une brune \u00e0 jupe courte dans le bus et ils se feront surprendre dans la douche un apr\u00e8s-midi o\u00f9 la femme rentrera trop t\u00f4t. Ca sera un peu compliqu\u00e9 au d\u00e9but et puis \u00e7a leur passera. Ils sont trop \u00e0 l\u2019\u00e9troit dans ce pavillon de banlieue. Il n\u2019y a pas de saison avec davantage d\u2019activit\u00e9. En hivers il faut balayer la neige apr\u00e8s les feuilles d\u2019automne et au printemps commence la danse r\u00e9p\u00e9t\u00e9e des tondeuses et des tailles haies avant que ne fleurissent les fum\u00e9es odorantes des saucisses aux barbecues de juin. J\u2019aurais \u00e9crit, avant-hier encore, que jamais rien ne surprend le curieux que je suis. Et pourtant ! C\u2019\u00e9tait hier soir. Non, plus exactement ce matin. Enfin dans l\u2019entre-deux: \u00e0 1h du matin exactement. Je peux en attester parce que quand quelque chose d\u2019\u00e9trange se produit je consulte toujours la pendule sur mon bureau. J\u2019ai comme l\u2019impression que je pourrai t\u00e9moigner si un inspecteur de police frappe \u00e0 ma porte et me pose des questions. Mais l\u00e0, je ne vous parle pas d\u2019un meurtre, non, juste d\u2019un crime!! Un crime de voisinage. Le propri\u00e9taire de la maison d\u2019en face, une lampe sur le front, s\u2019est mis \u00e0 tondre sa pelouse. J\u2019ai cru avoir une hallucination!! Il est bien mentionn\u00e9 les heures du jour auxquelles on peut tondre. 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